Les présidents de 1920 à 1948

  • 1922-1924 : Gendre
  • 1924-1927 : Gilabezi
  • 1927-1929 : Benazet
  • 1929-1930 : Daubéze
  • 1930-1931 : Gilabert
  • 1931-1932 : Troesler
  • 1932-1933 : Verge
  • 1933-1938 : Gilles
  • 1938-1941 : Debord
  • 1941-1942 : Gelos
  • 1942-1948 : Contie
  • 1948-1971 : Argelès
  • 1971-1972 : Laborde
  • 1972-1973 : Bourgade
  • 1973-1978 : Raynaud
  • 1978-1980 : Thomas

Le bon vieux temps (1960 – 1980)

Il fut un temps ; le bon vieux temps, deux décennies où le BSCR esquissait les prémices de son apogée. Au sortir d’années où le Club se structurait, l’ascension vers les sommets commençait enfin, et de quelle manière !!!

Champions des Pyrénées Honneur (triomphant du TOEC par 6 à 3), Vice-champions de France (Défaite face à Lyon) et accédant ainsi à la 3eme Division. En cette année 1960, les Rouges et Bleus entrent dans la cour des grands. A l’instar de la société, et du Rugby, le Club est en plein essor ; stabilisé confortablement et oscillant, dans cette nouvelle division, entre qualifications et honorables places au classement.

En 1967, le complexe s’agrandit, un second terrain est édifié, s’y ajoute l’entrée du stade et un logement pour le gardien, conséquences du développement du Club, de la société de loisir, et de la croissance exponentielle du nombre de spectateurs. C’est un engouement nouveau pour la balle ovale symbolisé par le 1er Grand Chelem de l’histoire du Rugby Français en 1968.

Véritable passion, religion que devient l’ovalie, ancrée depuis fort longtemps sur nos terres sudistes, terres hérétiques depuis le catharisme et désormais rebelles face au dieu football. « Le dimanche à 15 h », plus qu’une simple phrase ou indication, c’est une expression dont il s’agit et qui décrit l’intérêt quasi ecclésiastique pour cet événement de chaque Week-end, où le « tout Blagnac » se réunit. Cependant aux antipodes de la célèbre tirade biblique, ici pas question de tendre la joue droite en échange de la gauche ; c’est un Rugby viril dont il est question. L’arbitre (preuve que le mal ne tient pas d’un virus moderne) y est copieusement chahuté, et tente, tant bien que mal, de mettre de l’ordre dans des parties où la beauté du jeu d’antan mêle boxe et pugilat.

Le rugby est un spectacle ; et les envolées Hollywoodiennes des trois-quarts sont entrecoupées de quelques échauffourées nous ramenant un instant au temps des gladiateurs. Il s’agit de vrais guerriers qui sont les acteurs de ce jeu, où il n’y avait encore pas de remplacements et dont les joueurs arrivaient quelques fois 5 minutes avant les rencontres. Au boulot la semaine, au rugby le week-end ; l’instituteur y affrontait le paysan, et le patron l’ouvrier. Le physique des joueurs n’était pas aussi uniforme qu’aujourd’hui ; la musculation était réservée aux culturistes, le dopage se composé d’eau de mélisse ou de guronsan, le vin rouge en guise de créatine et la charcuterie pour protéines.

Quel univers convivial !!! On y rit plus qu’on y pleure, emmenés par Zouzou le singe, la mascotte ancestrale, les joueurs sont affublés de surnoms pour le moins originaux : Ravioli (Gérard Auriol), le grimpet (Gérard Argelès), Chillot (Guitard), Jahoumet (James Carles), Tutu (Yvan), Bourotte (Guy Calac) ; mais aussi très évocateurs Châtaigne (Lakanal), Kamikaze (Jeannot), Locomotive (Saint-Blancat).

Quand on vous dit que c’est une religion ! Avec son panthéon, ses personnages et son aspect Mythologique. Les joueurs étaient alors guidés par l’amour du maillot, avec pour seules primes du Dolpic pour soigner les coups et des repas, bien arrosés, après les matchs.

Toute cette bonne humeur est quelque peu entachée par le départ en 1972, d’Ernest Argelès, qui quitte la Présidence du Club. Après 24 ans de bons et loyaux services, ce grand homme a édifié et structuré notre Club ; son empreinte reste encore perceptible et son esprit de travail et de conquête plane toujours dans les travées de son stade éponyme. Les joueurs font honneur à son départ dés l’année suivante, en remportant le Challenge Gaussens, montrant la pérennité de son œuvre.

Lancés, dés la saison suivante, alors que le Club avait connu les affres de la relégation ; nos Rouge et Bleu accèdent de nouveau à la 3éme Division. Jouant les premiers rôles pendant 4 ans, l’équipe ne va cesser de s’améliorer, et arrive à maturation lors de l’année 1979. Ce groupe de joueurs talentueux, entrainé par James Carles et Roger Guiter, réalisent un grand coup dans l’histoire du BSCR. En effet, ils accèdent à la 2éme Division, marquant le début d’une quête, d’un cheminement qui mènera le Club, 10 ans plus tard, en 1ére  Division.

Ainsi à l’aune d’un rugby de « clocher » et au sortir des années « disco » ; Blagnac côtoie enfin l’élite du Rugby Français.

L’amour du clocher (1948 – 1960)

Les trente glorieuses, époque bénie, symbole de réussite, de joie, un temps où tout était encore possible. Des hommes en cette période n’avaient que le ciel pour seule limite ; Ernest Argeles était l’un d’entre eux. Fraîchement arrivé au club, et issu du football, il était alors loin de se douter qu’il deviendrait à posteriori, plus qu’un président, il sera un emblème, et pour cause notre « Santiago Bernabeu » va révolutionner le club, et le conduire aux portes de l’élite.

Des sa prise de fonction, les résultats ne se font pas attendre, avec une Coupe des Pyrénées puis un titre de Champion de 4eme série dans la foulée, en 1949. Jusqu’alors peu soucieuse des sports, et faute de moyens, la Mairie met en place les premiers équipements du club. Les « Rouge et Bleu » se voient octroyer un terrain exclusif, proche de l’emplacement de notre stade actuel, à ne plus partagé avec le football. Une première tribune y est construite, faite de tôles, de bois, et montée sur pilotis pour éviter sa destruction les jours de crues. Cependant, rarement l’homme l’emporte sur la nature, et un jour de 1952, une terrible inondation emporte tout sur son passage. Il faut alors attendre prés de 5 ans avant que le club ne dote, à nouveau, de dignes infrastructures.

« STF, sans terrain fixe », du moins déportés à la Meunière, nos Blagnacais n’en déchantent pas moins, voyant leurs rangs grandir en même temps que le Village devient Ville. En effet une équipe réserve et une équipe junior se constituent, et loin d’être des vagabonds, ce sont plutôt de vrais princes qui remplissent de victoires et de trophées leurs baluchons, comme lors de la saison 54-55. Vainqueurs du Challenge de Toulouse, Champion de 2eme série et Vice Champion de France. Endurcis par des entraînements spartiates, et pour certains le dur labeur des champs ou de l’usine, s’entrainant sur un terrain digne de l’ex Yougoslavie, nos Champions sont avant tout des passionnés. Et il faut l’être, pour jouer sur un terrain vague, avec pour seul vestiaire l’arrière cour d’un café, et l’eau froide de la pompe publique pour se doucher, sans compter un éclairage bricolé à l’aide d’une rampe et de phares de camion. Faits relatés par Jean Gabbare, alors entraineur, et dont les artisans de ce terrain étaient quelque part les ancêtres de Mac Gyver. La tenue aussi sommaire que les équipements se composait de lourds maillots de coton, comparable à des armures, et à un scaphandre les jours de pluie. Chaussés de crampons de l’époque, semblables à des bottines pour les avants et à l’embout renforcé de fer pour les coups de pied des trois quart.

De 1955 à 1960, la Razzia continue avec une accession en Promotion Honneur, dont l’équipe est rapidement championne, suit un titre de Champion de France, auquel s’ajoute 2 titres de champions Honneur et la montée en 3éme division. L’armoire à trophées se remplit, déborde.

En plus du succès, le club se dote d’un tout nouveau complexe en 1957, et Ernest Argeles en visionnaire et précurseur, crée l’école de rugby l’année suivante. Blagnac devient un club aux bases solides.

C’était, « Le bon vieux temps », où le rugby était une affaire de famille, de défense de son village, de son fief ; où l’argent n’avait pas encore son mot à dire, où l’homme était le seul vrai acteur de ce jeu merveilleux, dont il nous reste seulement les témoignages de nos anciens, et le sentiment d’une époque dorée que nous rêverions de retrouver.

Des années folles à l’après guerre, le rugby est depuis le début du siècle un sport populaire dans le Sud-ouest. A Blagnac de nombreux jeunes s’y adonnent cependant de manière désorganisées (photographie ci-contre), jouant le plus souvent dans l ile de l’Arigné . C est alors qu’en 1922,  MM. Lapeyrade , Gendre et Lavigne créent le BSC , un club omnisport . Le rugby, c est l abbé Barthas qui va véritablement l’implanté à Blagnac.

La Mairie cède alors en 1922 un terrain, non loin du stade actuel, ou footballeurs et rugbymen se partagent la zone, ce même terrain  a été défriché par leurs soins. Les matchs sont soumis à une logistique sommaire ; et laissent place à des scènes cocasses et surprenantes quand les joueurs eux même changent les poteaux entre chaque matchs. Semblable à un pré, un tel terrain serai d ailleurs impensable de nos jours, les dirigeants obtiennent cependant le nivèlement et la construction d’une clôture en 1932.

Fier d’arborer les couleurs rouge et bleu, les premiers rugbymen de Blagnac remportent le premier sacre de l’histoire du club en 1937. Ils sont alors couronnés du titre de champion des Pyrénées de III éme série, un premier succès qui va lancer la longue lignée de trophées  remportés par le club au long de son histoire.

Cette ascension va être brutalement arrêtée avec la guerre qui va faire rage de 1939 à 1945. Des lors, plusieurs années vont être passées sous silence, ce même silence qui accompagnera la perte tragique de certains membres de l’équipe. Certains rejoueront, d’autres non.

La France libérée du joug des nazis, le rugby reprend petit à petit ses droits, véritable exutoire par son ambiance festive et son esprit convivial, pour les Blagnacais comme beaucoup de français opprimés durant la guerre.

 Ainsi le nouveau maire de la ville décide de nommer Ernest Argelès, alors président du football, en charge du rugby. Jean Louis Puig voit en Mr. Argeles un visionnaire et organisateur hors pairs, qu’il veut associer au rugby, un sport qui se veut prometteur pour les habitants de la commune. A peine arrivé et les résultats ne se font pas attendre avec une coupe des pyrénéens et un titre de champion des Pyrénées de IVème séries glanés de 1948 à 1949. Fort de ses succès et son histoire récente, de joueurs et dirigeants passionnés et dévoués  l’aventure du BSCR est à présent commencée.