La dépêche – Audrey Forlani : les sillons de l’ombre

By 19 janvier 2017Actualités, BSORF, Présentation

Rugby XV – Amateurs – Top 8 féminin. Elle est l’un des maillons forts du BSORF.

Audrey Forlani entraîne dans son sillage toutes ses coéquipières./Photo DDM, Didier Pouydebat
Audrey Forlani entraîne dans son sillage toutes ses coéquipières./Photo DDM, Didier Pouydebat

L’internationale issue du vivier beaumontois est l’un des maillons forts de la coalition blaganaco-saint-orennaise lancée à vive allure vers une nouvelle phase finale.

Ce n’est pas demain la veille que le festival dit des «vieilles charrues» aura Audrey Forlani comme invitée d’honneur. Autant un déplacement en Bretagne est encore du domaine de l’envisageable si d’aventure Montpellier s’éclipse au profit de Rennes, autant, à 25 ans, l’autre icône, avec Manon André, de l’attelage du BSORF n’a jamais paru aussi jeune et rayonnante.

Du Tarn-et-Garonne à l’équipe de France via Saint-Orens

Reste que le surnom qui la suit depuis l’école de rugby du glorieux Stade Beaumontois (dont maintes figures d’origine italienne portèrent naguère les couleurs, à commencer par Ercole Trainini) a le mérite de planter le décor. Celui de la Lomagne rurale en l’occurrence, avec ses besogneux et autres durs au mal. Modeste, discrète – et même, «timide», comme elle le reconnaît d’elle-même – «Charrue» s’exprime sur la pelouse avec le talent d’un phénomène. Percussions, plaquages, conquêtes dans l’alignement, le poste de deuxième ligne, tout d’altruisme, lui convient à merveille. «J’aime me déplacer, gratter des ballons».

Une activité inlassable qui l’a conduite à retenir l’attention de l’encadrement tricolore depuis 2011, année de sa première apparition. Sans surprise, son patronyme était coché sur la liste de celles qui ont participé au stage effectué récemment par l’équipe de France sur l’île de Beauté en vue de la prochaine Coupe du monde, l’été prochain : «Avec Manon Bigot et Audrey Abadie», précise notre interlocutrice, histoire de ne surtout pas tirer la couverture à elle. «Je suis au service du groupe».

Un groupe qui espère la voir prolonger son bail avec le seul sport qu’elle a pratiqué durant de longues années : «Le corps décidera».

Tout le pragmatisme propre à ceux qui ne tirent pas de plan sur la comète tient dans cette formule que notre interlocutrice applique également au championnat domestique. Et ce dès que l’on évoque la perspective d’un titre : «Il reste beaucoup de matches, mieux vaut les prendre les uns après les autres».

Pour l’heure, l’intérêt croissant suscité par le volet féminin de la discipline suffit à mettre en lumière sa vocation. Puisse-t-elle alors continuer à tracer de larges et profonds sillons.

Philippe Alary